Contraintes d’installations

Taille critique

Tout d’abord, il est indispensable de réaliser une étude de comparaison environnementale, économique et sociale de scénarios de méthanisation associés à des exutoires avec d’autres scénarios de traitement/valorisation compte tenu du schéma actuel et à venir de gestion de déchet (prévention / valorisation / élimination). Ceci paraît évident, mais nécessaire à rappeler dans un contexte marqué, comme l’ont relevé de très nombreux acteurs auditionnés, par l’impossibilité de créer des exutoires finaux, centres d’enfouissement ou unités d’incinération, qui conduit les élus à se tourner vers la méthanisation (« méthanisation-alibi », « seuls projets qui se concrétisent »).

En outre, l’importance des investissements et des coûts de fonctionnement doit être mise en parallèle avec les gisements traités et le bilan matière des installations.Des études éffectuées à lille montre que, sur une agglomération de plus d’un million d’habitants, la collecte permet de capter 80 000 tonnes de biodéchets. Celles de Montpellier indiquent que les tonnages sortants après TMB (traitement mécano-biologique ) restent conséquents.

Compte tenu de ces éléments, il peut être raisonnable d’envisager, au moins dans un premier temps, la méthanisation sur de grandes agglomérations. D’après une étude de l’ADEME de 200570(*), la taille critique en deçà de laquelle les coûts du traitement par méthanisation apparaissent trop élevés se situerait aux alentours de 20 000 tonnes par an. Votre rapporteur s’interroge sur ce seuil, qui pourrait plutôt se situer, au regard des analyses qui précèdent, entre 80 000 et 100 000 tonnes. Il peut être préférable, pour des tonnages plus faibles, de disposer d’une unité de compostage et d’un incinérateur, en fonction du contexte local. Le compostage peut en effet être envisagé à partir de tonnages faibles, l’essentiel étant, sur les petites installations rudimentaires, de maîtriser la pureté et la composition des produits entrants.

 Mesures de sécurité

Risques d’explosion et d’incendie sont présents. Ils sont dus principalement  à la grande proportion de méthane dans le biogaz. Son domaine d’explosivité se situe entre 5% et 15% de CH4 dans l’air. Au-dessus de 15%, il s’enflamme mais n’explose pas. Des substances telles que CO, H2S, H2, C6H6 sont aussi inflammables.

Le risque est majeur sur une centrale, mais une explosion peut aussi se produire à proximité. En effet, après infiltration dans le sol, le biogaz peut être émis à distance et s’accumuler dans les habitations, ce qui représente un danger et peut provoquer de graves dégâts.

Le biogaz peut provoquer aussi l’asphyxie des êtres vivants. Cela correspond à une diminution du taux d’oxygène dans l’air. Celle-ci peut être provoquée par un dégagement de gaz inertes dans l’atmosphère se substituant à l’oxygène de l’air.

Les principaux gaz, en quantité suffisante, ayant un pouvoir anoxiant ; l’anoxie correspond à une diminution du taux d’oxygène de l’air. Celle-ci peut être provoquée par un dégagement important de gaz inertes dans l’atmosphère se substituant à l’oxygène de l’air. La teneur minimale réglementaire à respecter en oxygène dans un lieu de travail est de 19 %. Dans le cas du biogaz, les principaux gaz, en quantité suffisante, ayant un pouvoir anoxiant sont le méthane (CH4) et le dioxyde de carbone (CO2).

Le déversement accidentel de substrat ou de digestat peut avoir, entre autres, pour conséquence une pollution accidentelle à l’azote et/ou microbienne, pouvant générer des dégradations durables pour le milieu.

Afin de réduire les conséquences accidentelles, il est nécessaire d’adopter des mesures de sécurité lors de la conception d’une installation de méthanisation agricole, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du site.

Il faut respecter une distance de 10m autour de l’unité de combustion et des installations de stockage de biogaz. A l’extérieur du site, Les distances de sécurité sont déterminées sur la base des exigences des différentes réglementations concernées et des distances d’effets des principaux scénarios d’accidents majorants. Celles-ci doivent être déterminées par des professionnels (constructeurs, bureaux d’études…).Ces distances dépendent notamment des substrats mis en œuvre, du volume de biogaz stocké, du type de stockage (membrane souple, digesteur en béton, armature métallique…), des caractéristiques des matériaux constitutifs (ininflammables, ignifuges …) et des éventuelles mesures compensatoires mises en œuvre (évent d’explosion, butte de terre, paroi de protection contre les incendies…).La réglementation ATEX(lien vers culture) impose à l’employeur de classer les emplacements en zone ATEX :

 Zone 0 : une ATEX est présente en permanence ou pendant de longues périodes ou fréquemment,

Zone 1 : une ATEX est susceptible de se présenter occasionnellement en fonctionnement normal,

 Zone 2 : une ATEX n’est pas susceptible de se présenter en fonctionnement normal ou, si elle se présente néanmoins, n’est que de courte durée.

 atexalas3

Il est aussi indispensable de vérifier les installations électriques, de valider par un bureau de contrôle la résistance mécanique de structures, de faire des contrôles des dispositifs de sécurité à une périodicité à définir avec les fournisseurs des équipements. Il faut disposer d’une procédure d’intervention avant toute pénétration à l’intérieur d’un espace clos au sein duquel du H2S et/ou du CH4 sont susceptibles de s’accumuler.

Des risques majeurs existent à causes de l’utilisation des biogaz mais les normes de sécurité strictes permettent de les éviter.

signalisation zone atex et affichage

 

Culture : Une ATEX est «un mélange avec l’air, dans les conditions atmosphériques, de substances inflammables sous forme de gaz, vapeurs, brouillards ou poussières, dans lequel, après inflammation, la combustion se propage à l’ensemble du mélange non brûlé ».En ce qui concerne les risques d’explosion, la réglementation ATEX, issue de la transposition en droit Français des deux Directives 94/9/CE et 1999/92/CE, définit les exigences en matière de sécurité face au risque d’explosion.

 

 

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