Interview

Nous avons interviewé une experte dans le domaine, Madame Jeanne LENCAUCHEZ de l’association AILE, à Rennes le 13 décembre 2012.

L’entretien avait pour objectif de mieux connaitre la mission d’AILE, les solutions proposées par l’association pour valoriser la biomasse, les contraintes envisagées pour la mise en oeuvre des unités de méthanisation et la différence entre la France et d’autres pays européens dans ce domaine.

  • Quelle est la mission de votre association et quel est votre rôle dans celle-ci ?

Je suis chargée d’études Énergie/Biomasse Biogaz et Cultures énergétique à AILE.
AILE (Association d’Initiatives Locales pour l’Energie et l’Environnement) est une agence locale d’énergie créée en 1995 dans le cadre du programme SAVE de l’union Européenne par l’ADEME Bretagne (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) et les Cuma (coopératives d’utilisation de matériels agricoles) de l’ouest.
La majeure mission de l’association est la maitrise de l’énergie et les énergies renouvelables en milieu agricole. On travaille surtout à l’exploitation de la biomasse et aux économies d’énergie liées aux matériels agricoles. Cela consiste à optimiser l’utilisation des tracteurs : de réduire la consommation des carburants. AILE travaille plus particulièrement sur du bois énergie, qui offre une alternative énergétique durable et respectueuse de l’environnement. Le développement de la filière de méthanisation dans l’Ouest constitue un enjeu important et s’inscrit dans la mise en place d’une politique régionale de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La Bretagne et les pays de la Loire sont des territoires à fort potentiel. Pour des porteurs de projet bien motivés, AILE peut les accompagner pour la réalisation de pré diagnostic, mise en relation avec des entreprises, suivi de construction et puis de fonctionnement de l’installation.

  • Combien de temps faut-il pour rentabiliser une installation ?

Une installation fournissant à peu près une puissance de 100kW, coûte entre 800 à 900 milles euros. Pour d’autres usines plus puissantes, le coût peut arriver jusqu’à des millions d’euros. Le retour brut, sans subvention de cette somme, nécessite un temps entre 10 à 12 ans.

  • Vous dites « sans subventions », quels sont les programmes d’aide pour la réalisation d’un projet ?

Les projets bénéficient de 20 à 25% d’aide. Des études sont subventionnées par les financeurs comme ADEME National, le Conseil Régional Bretagne, l’Agence de l’eau Loire – Bretagne, etc…
Monographie 3EII Méthanisation et biomasse
30

  • Est-ce que vous faites des actions pour sensibiliser la population à ces nouvelles sources d’énergie ?

Oui, l’équipe d’AILE intervient dans des écoles de l’environnement, des salons, des chambres d’agriculture. On aborde des thèmes concernant les énergies renouvelables dans le domaine de l’agriculture et les économies d’énergies dans le but d’informer de former.
En mars 2013, la deuxième session du « SALON BOIS ENERGIE » aura lieu à Nantes, et L’association AILE y participera.
L’équipe intervient aussi auprès des élus pour les aider à prendre des décisions sur les projets importants visant le développement local. Souvent ils ne sont pas formés à ce genre de technologie, on est donc là pour qu’il fasse le meilleur choix possible.

  • Justement, sur des projets locaux, portés par les mairies par exemple, est-ce que les riverains se plaignent des nuisances olfactives et sonores générées par les activités de la plateforme ?

Avant la mise en route de toute installation nous communiquons avec les voisins pour mieux les informer sur le procédé de l’implantation de l’usine et pour mieux les rassurer.
Pour ce qui est des odeurs : toute installation exige une étude d’impact auparavant et demande une autorisation de mise en place.
Normalement, les responsables du site mettent en place un système de suivi continu des odeurs et prennent en compte toutes les mesures de sécurité indispensables au bon fonctionnement de l’usine (stockage fermé, ventilation et détection, adéquation du matériel).

  • Quelles sont les avantages de la méthanisation et la biomasse par rapport à d’autres sources d’énergie renouvelables (éoliennes, photovoltaïques…) ?

Je ne suis pas une experte en photovoltaïque, je ne peux pas vous dire. Pour moi, on ne peut pas vraiment comparer l’avantage de la méthanisation et celui de l’éolien par exemple, parce que ce sont deux domaines d’exploitation de l’énergie différents.
La méthanisation et l’éolien-photovoltaïque n’est ni comparable ni concurrent. En effet la méthanisation permet de produire de l’énergie (électrique ou chaleur) de manière constante, les agriculteurs, par exemple, ont toujours de la matière à injecter dans leur unité, que ce soit du lisier, du bois, etc…. Alors que l’éolien et le solaire dépendent fortement de la météo.

  • Y-a-t-il une grosse différence de prix de rachat ? Entre méthanisation et photovoltaïque ?

Pour ce qui est de la méthanisation on est entre 0.13€ et 0.20€/kW, le photovoltaïque je crois que c’est de 0.40€/kW mais pour l’éolien je ne suis pas experte. Je ne peux donc pas comparer tous ces différentes solutions.
Vous savez, il arrive souvent que les agriculteurs qui installent des unités de biomasse dans leur ferme, installent aussi des panneaux photovoltaïques sur leurs toits. Ce n’est absolument pas incompatible. Au contraire lorsque qu’ils s’intéressent à produire eux même leur énergie, ils mixent souvent plusieurs solutions.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *